   |
LA VOIX DE FRANCE | NOVEMBRE 1995
RENCONTRE AVEC MARC CENAC
|
VdF: Marc Cénac, vous êtes aujourdhui un peintre connu, mais vous êtes aussi un expatrié , membre de lUFE depuis 1959. Parlez nous de vôtre parcours.
MC: Je suis né à Saint-Germain-des-Prés en 1920, ce qui est une bonne adresse quand, en culottes courtes, on sintéresse aux arts et à la peiinture en particulier. Après quatre années de travail avec mon maître Edouard Buntschu, jexpose pour la première fois à lâge de 18 ans.
VdF: Un départ en fanfare !
MC: Vous avez doublement raison car on dit du bien de moi lors de cette exposition mais le vrai départ en fanfare a lieu en 1940 pour défendre mon pays. Comme beaucoup hélas, je passe cinq années en Allemagne comme prisonnier de guerre et lorsque je rentre, mon maître est mort et je suis un peu perdu pour poursuivre ma carrière d artiste.
VdF: Alors, vous décidez de partir à létranger ?
MC: Oui, je pars alors en Guinée créer une Station Fruitière pour une importante société agro-alimentaire. La vie y est dure, mais cest le paradis comparé à la captivité. J oublie mes pinceaux et me consacre à mon activité d expatrié, mais rapidement, la passion de la peinture reprend le dessus.
VdF: Comment concilier cela avec vos responsabilités ?
MC: Je me mets à mon compte pour gérer mon temps plus librement et pour moi, très secrètement, je recommence à peindre.
VdF: Vous êtes heureux, alors ?
MC: Oui, la peinture reste mon jardin secret et les années passent. Jai une vie sociale, professionnelle et associative bien remplie. Mais Sekou Touré va mettre fin à tout cela en disant non au référendum de 1958. Jessaie de toutes mes forces dinverser cette position mais en vain. Cest donc le retour inévitable en métropole.
VdF: Vous considérez cela comme une injustice ?
MC: Quand larbitraire sinstalle et que l on vous confisque vos biens sans raison....Jai, personnellement, plutôt ressenti de la rage et du chagrin, mais à quelque chose malheur est bon, puisque je décide finalement que cest grâce à ma peinture que je m en sortirai à nouveau. Je suis donc retournée à mes chères études artistiques où je découvre la sculpture aux Ateliers de Montparnasse et puis, en 1985, j expose à nouveau mes oeuvres dans cette galerie que jai créee où je vous reçois aujourdhui.
VdF: Cest le succès ?
MC: Paris me découvre petit à petit et aujourd hui, après dix années de travail et d expositions, cette galerie est aujourd hui connue.
VdF: Cest la consécration ?
MC: Appelez ça comme vous voulez. Je suis aujourd hui comblé parce que jai réalisé mon rêve d enfant à force de ténacité.
VdF: Vous qui êtes avec vôtre charmante épouse, membres de lUFE de longue date, pensez-vous que les Français de lEtranger vous connaissent ?
MC: Quelques uns, jen suis certain, mais beaucoup plus demain grâce à La Voix de France qui m honore particulièrement dans ce numéro en illustrantsa couverture par un de mes tableaux. Je suis très sensible à ce geste de l'UFE qui me donne une idée : il existe sùrement dans nôtre grande famille de lUFE d autres artistes. Pourquoi ne pas parler deux ?
|
|
 |